PRINCE

Les Chroniques Bootlegs : Voyage au bout du Live


Last update : 29/04/2009


Bienvenue dans ce voyage au coeur des Bootlegs Princiers.

Pour commencer il convient de définir le terme un peu barbare de "Bootleg". Un bref détour par Wiki nous apprend qu'il s'agit d'un enregistrement audio ou vidéo d'une performance réalisée par un artiste, mis à disposition du public par des circuits de distribution parallèle non-officiels sans l'accord dudit artiste.
En clair, c'est comme Tipiak, c'est des pirates !

Mais pourquoi -ô pourquoi!- tant de cruauté envers nos chansonniers favoris qui suent sang et neurones, enfermés des semaines entières dans d'obscurs studios, délaissant amant(e)s et enfants des mois durant pour des tournées dans des trous paumés, sacrifiant leur vie entière dans le seul but de satisfaire leur égo et flatter nos cerveaux avides de sensations ? hein, pourquoi ?! Pourquoi priver nos artistes favoris d'une juste rétribution pécunière, en échange de toutes ses émotions qu'ils nous procurent ?

Non, point de cruauté, point de haine, dans l'acte de se procurer un "bootleg".
Plutôt de l'amour, beaucoup d'amour, pour une musique qui nous obséde, nous transcende, nous accompagne à chaque instant de nos vies de pauvres hères en recherche perpétuelle d'un Graal qui nous glisse des doigts sans cesse.

Et lorsqu'on a l'heureux malheur de suivre la carrière d'un artiste nommé Prince, l'on sait alors être la victime consentante de sa malédiction : chaque instant de sa vie est consacré à la musique. Résultat : sa discographie officielle comporte en moyenne un album par an depuis ses débuts professionels en 1978.
Mais ce n'est que la partie visible d'une antre autrement plus vaste.
Môssieur Prince passe aussi plusieurs semaines par an en tournée. Et quand il est las d'aller chercher le public, il le fait venir à lui dans son complexe de Minneapolis. Et si par extraordinaire le Prince n'est point d'humeur à fredonner, il invoque une créature qui le fera à sa place, qu'elle prenne la forme d'une frèle égérie ou d'un groupe complet qui jammera jusqu'à l'aube pour le bon plaisir de la cour de sa majesté.
Et alors quoi merde ?! Il faudrait se priver de ses instants magiques sous prétexte qu'on habite à 10.000 bornes de là ou qu'on n'a pas les moyens de se payer un aftershow à 100 € l'entrée ?
Heureusement chacune de ses performances est capturée et fixée pour l'éternité par de malicieux lutins qu'on nomme Bootleggers. Ces curieux personnages enregistrent par diverses méthodes chacunes des apparitions de l'Artiste, ou se procurent les bandes directement auprès des techniciens Son moyennant espèces sonnantes et trébuchantes.

Achtung !
Les bootlegs chroniqués dans cette page sont disponibles en téléchargement sur la page "MP3 of the Month" de ce site. W00T !



I. Small Club / Trojan Horse

Commençons avec du solide, un des bootlegs les plus fameux de l'artiste, celui qui fut pendant de longues années et encore aujourd'hui pour de nombreux fans une des productions live Princière les plus incroyables jamais sortie, le fantabuleux "Small Club" (aussi connu sous le nom de "Trojan Horse").

Cet enregistrement est mythique pour deux raisons : une qualité d'enregistrement incroyable (Soundboard pétaradant et crystallin) et une prestation absolument dantesque de Prince et son groupe, avec une majorité de titres rarement joués live et de longs jams inspirés.
Cet aftershow date du 19 août 1988 au matin, en pleine tournée Lovesexy, et eut lieu aux Pays-bas dans un club de La Haye (The Hague) nommé le Trojan Horse (Cheval de Troie) devant environ 400 personnes. La majorité du public semble avoir abusé de substances alcoolisées ou hallucinogènes, les premiers mots de Prince sont assez clairs lorsqu'il s'adresse à l'audience : "Combien d'entre-vous sont bourrés ? vous allez vraiment entendre ce que nous allons jouer ?". Un bon départ donc ;-)

Le show débute sur un jam instrumental solide qui donne le ton de la soirée : prédominance des solos de synthé et de guitare, avec dans le premier cas des sonorités délirantes et dans le second des impros racées.
Prince revisite classieusement certains de ses hits comme DMSR (transpercé d'une habile dédicace au titre America), Housequake (bien punchy) ou Forever in my Life (chanson transmutée par un gimmick entêtant pour une performance vocale de Boni Boyer).

Mais le plus palpitant vient à vrai dire des chansons inédites, "Just my imagination" (ballade tranquille au final guitaristique stratosphérique), "People Without" (un hybride funky-rock dont cette unique prestation reste gravée dans la mémoire de nombreux fans), "Still would stand" (encore un final magnifique pour ce titre qui ne sortira que 2 ans plus tard dans une version remaniée) et surtout l'apocalyptique et Rockesque "Rave into the Joy Fantastic" (dont cette première mouture Live de 15 mns pêchues électrisantes s'avère 100 fois meilleure que la version studio sortie plus de 10 ans après dans l'album éponyme).

Voila donc résumé le fameux "Small Club", bootleg classique à plus d'un titre. La fin des années 80 est en effet le début de l'ère des collectionneurs de raretés Princières, l'artiste ayant lui même involontairement (ou non ?) commencé en refusant de commercialiser son "Black Album" fin 87 (créant ainsi un marché parallèle et ouvrant l'univers des disques pirates à nombres de fans à cette période).
Prince n'a cessé depuis de se produire chaque année dans divers lieux pour des séries de pré- et post- concerts qui ont lentement mais surement écrits sa légende. Small Club est l'une des premières pépites, il en reste des centaines à admirer, jeunes mousaillons ;-) A l'abordage !

Infos :
SMALL CLUB - 2ND SHOW THAT NIGHT (Moonraker / X Records ?)
Aug 18 th (Thursday), 1988, Het Paard Van Troje, The Hague
1.Instrumental Jam 2.DMSR 3.Just my Imagination 4.People Without 5.Housequake 6.Down Home Blues (Here I Come) 7.Cold Sweat (don't care) 8.Forever in my life 9.Still would stand all Time 10.I'll take you there 11.It's gonna be a beautiful Night 12. Rave into the Joy fantastic

ou

THE TROJAN HORSE (2 CD) (Sabotage)
Aug 18 th (Thursday), 1988, Het Paard Van Troje, The Hague
Disc 1 : 1.Instrumental Jam 2.DMSR 3.Just my Imagination 4.People Without 5.Housequake 6.Down Home Blues/Kansas City 7.Cold Sweat 8.Forever in my life
Disc 2 : 1.Still would stand all Time 2.I'll take U there 3.Rave into the Joy fantastic // Bonus Tracks (Soundboard Rehearsal for the Lovesexy Tour in Paisley Park, April 5 1988) : 4.Soundcheck 5.Erotic City 6.Housequake 7.Slow Love 8.Adore 9.Delirious 10.Jack U Off 11.Sister 12.Adore 13.Soft and Wet 14.I Wanna B Ur Lover 15.Head 16.When U were mine 17.Little red Corvette 18.Pop Life 19.Controversy 20.Dirty Mind 21. Superfunkycalifragisexy 22.Bob George



II. Footsteps 2 Fillmore

Voila déjà le second chapitre des aventures rocambolesques de Tonio au pays des Bootlegs Princiers. Nous avions débuté ces chroniques par le pirate le plus délicieux de notre ami Prince, le succulent Small Club. Nous abordons avec cet épisode une nouvelle gourmandise, destinée cette fois aux fans de la période "Rainbow Children - One Nite Alone" des années 2000.

Les années 2001-2004 furent un régal absolu sur le plan des apparitions Live, on reparlera ici très prochainement des soundchecks et aftershows mémorables délivrés lors de la tournée mondiale en 2002. Le "Musicology Tour" en 2004 fut aussi l'occasion pour Prince et sa formation très jazz (Maceo Parker et Candy Dulfer au saxo) de donner quelques unes de leur meilleures performances. Notamment celles du Club Fillmore de San-Francisco (1500 personnes), deux shows datés de février 2004, mélange de reprises surprenantes et de classiques revitalisés.

Le concert s'ouvre sur un instrumental jazz, "Footsteps", constituant une lente mise en place des divers musiciens. Le point d'orgue étant l'arrivée guitaristique de Prince, plaçant d'entrée le show à un niveau élevé. L'Artiste visite ensuite 20 ans de carrière, depuis un jam sur DMSR (synthés funky et saxo groovy de Mr Parker) jusqu'au single Musicology (allongé à 12 minutes de jam impressionnant), en passant par le très rare "The love we make" (magnifique ballade dans la lignée d'un Purple Rain) et quelques valeurs sures comme Controversy (une version de 9 minutes étirée par un superbe medley), Sign O the Times, Kiss ou Girls & Boys.

Mais comme à chaque fois ce sont les trésors cachés qui donnent le plus de frissons, tel le titre "Shhh" que les solos électriques Princiers et la forte présence du batteur Michael Bland rendent inoubliable. On redécouvre aussi l'incroyable "The beautiful Ones", un slow magique s'ouvrant ici sur un instrumental planant avant de décoller vers des cieux déchirés par les cris de l'artiste. Beaucoup plus remuants, America et Days of Wild gagnent en nervosité ce qu'ils perdent en paroles (l'artiste ne souhaitant malheureusement plus prononcer de grossièretés depuis sa crise de foi ;-).

Même si l'enregistrement n'est pas soundboard, le savoir-faire des équipes de Sabotage permet de profiter d'un son extrémement bien rendu, les basses et les saxos ressortent divinement bien. Evidemment on entend un peu plus les réactions de la foule, captation dans l'audience oblige, mais finalement cela donne presque l'impression d'assister au concert. Et vu la prestation, on est content de l'expérience !


infos :
FOOTSTEPS 2 FILLMORE (4 CD) (Sabotage)
The Fillmore, San-Francisco CA, 15 February 2004
> Disc 1 : 01.Footprints 02.Shhh! 03.DMSR (Medley) 04.House Party 05.A Love Bizarre (intro) 06.I Feel for You 07.Controversy 08.Musicology / Tighten Up 09.777-9311 10.Dear Mr Man 11.No Diggity (Chance Howard)
> Disc 2 : 01.Audience 02.Knock on Wood 03.What is Hip? 04.Make me whole 05.Sweet Thing 06.Girls & Boys 07.Mama Feelgood 08.Love Rollercoaster (intro) 09.Brick House 10.Skin Tight 11.The Love We Make 12.Interlude 13.Adore 14.Down by the Riverside
> Disc 3: 01.Renato's Keyboard Intro 02.The beautiful Ones 03.Nothing compares 2 U 04.Insatiable 05.Sign O' the Times 06.Pass the Peas 07.Medley 08.Let's Work 09.U Got the Look 10.Life O' the Party 11.Soul Man 12.Kiss 13.Take me with U
> Disc 4 : 01.Funky Intro Jam 02.I wanna take U higher 03.Days of Wild 04.America 05.Psychoticbumpschool 06.No Diggity
Bonus - The Time, Philips Arena Atlanta GA, April 30th 2004 : 07.Wild and Loose 08.The Stick 09.Fishnet 10.Oak Tree 11.Jerk Out 12.Get it Up 13.Cool 14.777-9311 15.Jerome's Speech 16.Gigolos get lonely too 17.The Bird 18.Jungle Love



III. 1999 Revisited

Cher(e)s Ami(e)s du bon vieux gros son et du Funk Minneapolistique, chalut !
Après les mets délicats du second chapitre (le jazzy Footsteps 2 Fillmore) il est aujourd'hui temps de retourner aux bases de la substantifique moelle Princière, du funk 70's façon Minneapolis comme on en fait plus. Toute la jeunesse discographique de Prince, de "For You" (1978) à l'album "1999" (1982), fut consacrée grandement à ce style musical, à quelques exceptions notables comme les ballades et quelques incursions Rock avec "I'm yours" ou "Bambi".

Juste avant d'acquérir son statut de mega-star avec la bombe "Purple Rain", Prince et son groupe firent une dernière tournée nationale dont l'un des dignes représentant sonore est le bootleg "1999 Revisited", captation soundboard de la prestation d'avril 83 dans la ville de Fresno.
Le document est très intéressant car il propose sur un second CD les répétitions de Janvier 1983, en préparation à la tournée. On peut donc les comparer au produit final, le show funkyesque, nerveux et concis (1 heure chrono), consacré pour moitié à l'album "1999" et pour le reste aux hits peuplant (déjà) la carrière de l'artiste, qui fête ses 25 ans à ce moment.

Pour tous les obsédés de l'ère 70's de Prince, le concert de Fresno offre une multitude de moments magiques. Il est fortement conseillé de chausser son meilleur casque hi-fi pour profiter de la puissance sonore. L'ouverture s'effectue sur le classique "Controversy", on défiera quiconque de ne pas s'abandonner dès cet instant au gimmick accrocheur et aux synthés massifs accompagnant ce hit. Autre monument funk, cette version hyper-chaude d'un titre déjà très chargé coté cul, le bien nommé "Dirty Mind" débute par une magnifique s(t)imulation de Lisa Coleman avant d'exulter dans un jam d'anthologie.
Fait rare on assiste à une bourde au début du titre DMSR : la batterie pré-programmée s'arrête brutalement, obligeant Prince à meubler une quarantaine de secondes. On l'entend discuter sec avec les zikos ;-) Une fois le problème résolu, cet hymne fonk décolle grâce à toute la science groovesque de l'artiste. Et puis terminons-en avec les chansons remuantes par l'un des classique indémodable de Prince, le single "1999" ici allongé sur 8 minutes lors d'un final assourdissant.
Les amateurs de slows humides seront aux anges, même si cette version audio du concert nous prive du jeu de scène très... explicite du jeune Prince. Sur le titre "International Lover", ballade langoureuse démarrant sur un avertissement de Lisa ("Fasten your seatbelts", attachez vos ceintures !), il faut imaginer Prince faire une démonstration de ses talents à l'horizontale. Plus calme, la section piano comprend "Still waiting" et "how come you don't call me anymore?", un repos bien mérité qui a le bon goût de ne pas trop s'étaler, contrairement à d'autres prestations futures.

Il est intéressant de constater qu'à l'inverse des titres studio, Prince n'allonge pas excessivement les versions "Live" de ce "1999 Tour". Il va à l'essentiel. Cette année 1983 est probablement une période charnière pendant laquelle il prend conscience de son potentiel, resserre ses compositions, fait évoluer ses thèmes, développe sa volonté de toucher un plus large public.
Ce show est donc un témoignage de la fin d'une époque Princière. Dès la fin du printemps 83, après cette tournée, les premiers titres de "Purple Rain" sont écrits. Un autre univers s'ouvre...

infos :
1999 REVISITED (Sabotage - 1999 TOUR - CONVENTION CENTER, FRESNO, CALIFORNIE : 2 AVRIL 1983) 2CD

CD1 : intro, controversy, let's work, do me baby, DMSR (aborded), DMSR, still waiting, HCUDCMA?, lady cab driver, little red corvette, dirty mind, audience, international lover, 1999

CD2 (Rehearsals, January 83) : controversy, let's work, little red corvette, delirious, do me baby, head, lady cab driver, free, let's pretend we're married, when U were mine, 1999, DMSR (+Once in a lifetime)



IV. Whole lotta love 4 Paris

Ami(e)s mélomanes, adeptes du déferlement guitaristique et du déchaînement électrique (et inversement), bonsoir !

Quittons le Funk du début des 80's dégusté lors des dernières chroniques pour approcher l'une des prestations les plus explosives de notre ami, le débarquement de Prince & The NPG au Bataclan à Paris en octobre 2002. Ce jour fut mémorable à plus d'un titre pour l'amateur Français : Soundcheck d'une heure au Zenith avant le show officiel du soir puis concert supplémentaire joué nuitament dans le fameux club Parisien. Soit plus de 5 heures de musique Live en compagnie de l'artiste et son groupe dressé à la baguette. Anthologique.

Nous nous arrêterons donc ici sur les deux heures trente de voyage musical offert au Bataclan (enfin, offert, c'est vite dit, 100 Euros l'entrée quand même !).
S'ouvrant tranquillou par une mise en bouche jazzy de 12 minutes, mise en place des musiciens, Prince décide de sortir la grosse artillerie et dégaine les guitares lourdes pour les quatre titres suivants. Depuis l'impro "good mornin' 2 U" servie en apéro jusqu'à la reprise cataclysmique de "Whole lotta Love", en passant par le classique "Bambi" et le petit dernier "Family Name", on a droit à un quart d'heure de pur Rock comme on en avait plus entendu depuis des années chez Prince. Epuisant, mais on ne peut effacer le sourire de satisfaction qui nous illumine à l'écoute de ses bombes ;-)

Les choses se calment pour la suite des événements, avec un swinguant "Something in the Water" accompagné du saxo de Miss Dulfer, et le toujours impeccable "The Question of U" accoquiné au slow "The One".
Le show rebascule ensuite vers l'ambiance soft-jazz (dominante lors de la tournée "One Nite Alone Live" de cette année 2002), le temps de quelques reprises en visite éclair.
L'électrochoc guitaristique reprend ses droits avec un medley instrumental basé sur le trop méconnu "Peach". Pas le temps de respirer, nouveau changement de style avec les "The Time-esque" Shake! et Cool. La démonstration continue, cette fois le professeur Prince nous donne un cours de Funk ;-).

On croit alors que c'est la fin, on se dirige vers la sortie, repu, heureux, comblé. Mais Mr Nelson n'a point de pitié, il lâche une version presque technoïde de "All the Critics love U" qui nous remet en selle, mute en un "Alphabet St" punchy après un nouveau clash de guitares, avant de partir sur un bon vieux Blues des familles. Tout l'arc-en-ciel Princier en une nuit magique.
Un détail montrant que l'homme a changé, il fait interrompre le chant du public "NPG in the mother fuckin'house" en "NPG in this funky house". Il s'inquiète ensuite de l'état des personnes présentes en lançant un "Fatigué ?!" inattendu ;-)
Le temps de reprendre ses esprits avec la gentillette ballade "Dolphin", Prince apothéose le concert par son habituel medley de titres du guitar-hero Santana, enchaîné avec un solide groove sur "Come On" et un final fantasque sur Housequake qui laisse exploser les cuivres et les guitares une dernière fois. Damn !

Ouf.
Pour résumer et pour nos ami(e)s non-comprenant, "Whole lotta love 4 Paris" fait partie de ses concerts mythiques qui montrent toute l'étendue du savoir-faire Princier, sa palette Rock-Jazz-Funk-R&B, son amour et sa dévotion pour la musique.
Un bootleg indispensable, évidemment.


infos :
Whole lotta Love 4 Paris - Aftershow au Bataclan, Paris, France, 29 Oct 2002 (Sabotage) (2 CD)

Disc 1 : 01.Instrumental Jam 02.Good Mornin' 2 U 03.Bambi 04.Whole Lotta Love 05.Family Name 06.Something in the Water 07.The Question of U 08.The One 09.Fallin' 10.Take 5 11.Ain't no sunshine 12.She's always in my Hair 13.Peach 14.Shake! 15.Don't want nobody 2 give me nothin' 16.The Work

Disc 2 : 01.777-9311 02.Hair 03.Brickhouse 04.Skintight 05.Cool 06.All the critics love U in N-Y 07.Alphabet St 08.Johnny / Blues in G 09.All the Critics love U in Paris / Body don't wanna Quit 10.Dolphin 11.Santana Medley 12.Come On / Party 'till the Sun comes up 13.Housequake / Time 2 get Funky



V. Starlight Lounge

Adeptes du R&B hype et du Groove stylé, mes respectueux hommages !

Vous êtes à peine remis de notre dernière descente au Bataclan, sans pitié je vous asséne une nouvelle roquette groovesque de derrière les fagots. Nous partons pour l'année 1993, période charnière pour Prince. Il sort d'une époque de succès commerciaux (albums "Diamonds & Pearls" et "O(+>"), s'apprête à changer son nom en Juin tout en préparant son album Rap R&B "Goldnigga" pour son groupe NPG ainsi que le formidable "Gold Experience" pour lui-même. L'occasion pour l'artiste et son groupe de faire une tournée US (Act I Tour) avec des aftershows dont lui seul a le secret.

En ce joli mois d'avril 93 nous voici donc invité au club DNA de San-Francisco et au Cabaret Metro de Chicago, pour de nouvelles transes musicales, en son soundboard s'il-vous-plait. Notons que je n'aborderais pas ici les quelques titres offerts en bonus sur ce bootleg, extraits de la tournée officielle européenne enregistrés au Sheffield Arena en Angleterre.

Prince ouvre l'aftershow avec le titre "The sacrifice of Victor", funk jazzy sympathique. Mais c'est après l'introduction de quelques paroles de "Race" que le concert décolle vraiment avec une version génialement groovesque de "Come", qui étale ses pointes de saxo, de basse et ses solos de guitare électrique de manière irrésistible pendant plus de 10 minutes. A s'en décoller la foufoune de plaisir, comme dirait ma grand-mère. Cette ambiance de rythmique cool perdure et revient régulièrement chatouiller nos tympans avec bonheur. Le rare "Sexy Dancer" par exemple, dans un étonnant jam instrumental réorchestré façon "big band", avant de fondre imperceptiblement sur un "Let's get satisfied" classieux. Autre éclat précieux, le final du club DNA s'effectue sur le délicieux "Sexy MF", du temps où Prince s'autorisait encore quelques paroles transgressives. Aahh, toute une époque, aujourd'hui révolue...

Les Rappeurs du groupe NPG s'expriment beaucoup dans les deux shows, sortie de l'album "Goldnigga" oblige. Ils prennent le contrôle de la scène avec les tordants "Black MF in the House" (charge drôlissime contre le racisme), "Johnny" -chantée par Prince- (Johnny étant l'équivalent du "popol" chez nous ;-), ou encore "Call the Law". Même si la grosse voix rappeuse de Tony Mosley est difficilement supportable, on se laisse prendre par les courts solos clavier ou guitare efficaces.

Des incursions Rock transpercent les deux concerts, Peach ou Bambi, mais le ton général est assurément tranquille. Le rarissime titre "Papa" de l'album "Come" en est la preuve, amputé malheureusement de son final en déchaînement sonore de la version studio. L'aftershow du club de Chicago se termine assez classiquement, comme un concert traditionnel, sur un medley jazzifié et nerveux enchaînant entre autre Partyman, 1999, Baby I'm a Star et Daddy Pop.

L'année 1993 reste l'une des plus chaotique pour Prince. Il annonce qu'il se retire des studios d'enregistrement, faisant presque de sa tournée Act I/Act II une tournée d'adieu. Il change de nom lors de son anniversaire en Juin, devenant un "symbole" pour les 8 années qui suivront. Il entre en "guerre" contre sa maison de disque historique, Warner Bros, en produisant parallèlement des albums et en abandonnant la marque "Prince". Bref, c'est le bordel. Mais dans ses prestations "live", en particulier les aftershows dans les petits clubs, Prince prouve qu'il a encore cette envie dévorante de jouer, et cette touche de génie unique illumine tous les bijoux qu'il nous offre. Ce Starlight Lounge en est l'exemple parfait.

infos :
Starlight Lounge - San-Francisco DNA / Chicago Cabaret Metro, Avril & Août 1993 (Sabotage) (2 CD)

CD1 : San Francisco DNA Lounge, Apr 12th 1993 - The sacrifice of victor, Race, Come, Peach, Black MF in the house, Starlight Lounge, I'll take you there, Sexy Dancer, Let's get satisfied, Papa, 777-9311, Hair, What is Hip?, When you were mine, Sexy MF

CD2 : Chicago Cabaret Metro, Apr 6th 1993 - Goldnigga, Them changes, Little red rooster, Peach, Papa, When you were mine, Bambi, Call the law, Johnny, Partyman / Loose, 1999, Baby I'm a Star, Push / Daddy Pop, (Sheffield UK, Aug 2nd 1993:) Let's go crazy, Kiss, The Cross, Purple Rain, The beautiful Ones, Sign O' the Times, Girls & Boys, 1999



VI. Return of the Bump Squad

Créatures à poils et à plumes, Jameuses et Jameurs du monde entier, gros poutou dans le cou !

Nous reprenons nos pérégrinations au pays lointain des Live Nelsoniens. Pour rester dans le ton de notre dernière incursion nous allons aujourd'hui stationner pas loin des 5e chroniques, nous éloignant simplement de deux années pour retrouver l'ami Roger et toute sa troupe de joyeux saltimbanques en 1995, au club Glam Slam de Miami.
L'année 1995 est assez tranquille pour une année Princière. Quelques apparitions Live régulières à Paisley Park et dans les clubs Glam Slam aux USA, une tournée Européenne en Mars (sans passer par la France !) nommée "Ultimate Live Experience", les sorties des albums "Exodus" et "Gold Experience" (2 ans de retard), le début de l'assemblage du triple album "Emancipation".

Nous nous arrêtons donc le 7 juin à Miami, Floride, pour un excellentissime "Birthday party" enregistré en soundboard. On célèbre ici la disparition de Prince dans la joie et la bonne humeur, puisqu'il s'agit du second anniversaire du "Symbol" (voir la chronique précédente pour les largués du bulbe). "L'artiste connu anciennement sous le nom de Prince" -il faudra se fader l'appellation pendant encore 6 ans- dispose de solides munitions avec les titres de "Gold Experience" et d'Exodus. La Setlist du show est d'ailleurs composée quasiment exclusivement de titres de ces albums.
Ca démarre sur les chapeaux de roues avec le nerveux Endorphinmachine, histoire de bien coucher le public par l'onde de choc guitaristique de ce(tte) rock(ette). L'artiste fanfaronne ensuite un "Prince is dead !" avant d'entamer la présentation funky des musiciens avec le fameux "Jam", reprise de Graham Central Station. Le rythme ralentit pour aborder l'un de ses meilleurs slows de cette époque, "Shhh", superbe thème fait de brusques montées de tensions électriques et de subtiles mélodies synthétiques. Une régalade totale.
Retentissent immédiatement deux des hymnes groovy incontournables de l'ère "O(+>", l'inévitable "Days of Wild" et le puissant "Now!", symboles des années de lutte de l'artiste contre sa maison de disque historique ("this about the freaks doing everything they wanna do now!"). Irrésistible. D'autant plus que Now! se prolonge avec un instrumental swinguant, inédit en studio, dont le nom "Funky Stuff" sied à merveille. L'occasion pour le vieux complice Eric Leeds de dégainer son saxophone aérien.
The most beautiful girl, le dernier hit planétaire Princier en date (c'était il y a plus de 10 ans déjà, eh oui), conclut un peu mollement la première partie du spectacle. On a l'impression d'une bande-son balancée en play-back sur laquelle Prince plaque sa voix, comme le premier rejeton venu d'une quelconque Star Ac' de bazar.

Le show reprend sur une version survitaminée de "Pussy Control", beaucoup plus chaleureuse dans ces versions Live que l'original de studio. Par la suite le single "Letitgo" fait une apparition surprise, souffrant du même symptôme que "The most beautiful girl", trop froid pour du show. Heureusement le "Pink Cashmere" qui suit relève le niveau, métamorphosée par quelques audaces stylistiques bien menées par le maître. Une version parmi les meilleures jamais jouée Live par l'artiste.
Le concert vire à la rave-party après un avertissement de notre hôte : "Get on the dancefloor motherfuckers !", le temps de "Loose!", tentative technoïde loin d'être inoubliable. Prince n'est décidément pas à son affaire avec les musiques de djeun's ;-) On temporise avec le petit slow "Count the days" chanté par Sonny Thompson, avant le final sur l'énergique "Return of the Bump Squad". Ce funk pêchu mijoté aux p'tits oignons donne envie de réécouter tout l'album "Exodus" tellement il file la gniak. Il montre combien cette période 93-95 fut riche sur le plan des compositions pour Mr Nelson.

Le bootleg est complété par quelques bonus : deux titres en répétition (P. Control et Letitgo) ainsi qu'un jam d'anthologie de 17 minutes de l'Artiste (à la guitare) avec une formation locale (Dr Mambo's Combo) à Minneapolis en juin 1995.
Pour celles et ceux qui ont oublié l'époque trouble située entre les albums "Come", "Exodus" et "Gold Experience", ce bootleg de Moonraker rappelle à quel point Prince et sa bande tenait toujours le haut du pavé malgré l'abandon du grand public. Tout cela étant malheureusement brouillé par sa communication fumeuse contre Warner Bros., qui culminera lors de la sortie l'année suivante du triple album "Emancipation", l'Artiste-qui-passe-pour-un-illuminé-en-changeant-de-nom aura au moins ouvert une mode (voir les changements de patronymes de Terence trent d'arby ou de Madonna).

infos :
Return of the Bump Squad - Glam Slam Miami - 7 Juin 1995 (Moonraker) (2 CD)

CD1 : Endorphinmachine, The Jam, Shhh!, Days Of Wild, Now, Funky Stuff, The Most Beautiful Girl In The World

CD2 : P Control, Letitgo, Pink Cashmere, Loose!, Count The Days, Return Of The Bump Squad, outro; (Rehearsals at Paisley Park, August 23rd 1995:) P Control, Letitgo; (Bonus:) Everyday People/I Wanna Take You Higher



VII. Sign O' the Times Live!

Amis surfeurs et surfeuses, petits Princes et Princesses perdus dans le grand vide de la toile mondiale, bienvenue, willkommen, welcome !

Nous voici réunis ce jour pour un nouveau trip sensoriel, une septième chronique qui fait une halte devant un imposant monolithe noir, un monument de la musique, que dis-je ! un Everest dans la carrière de l'ami Roger. L'album Sign O' The Times (*applaudissements de la foule en délire*).

Autant Purple Rain est l'album de l'explosion musicale et médiatique pour Prince, autant Sign O' est sans conteste l'astre autour duquel gravite tous ses autres albums. En clair, une pure dinguerie.
Les versions Live des concerts mythiques ayant accompagné l'album studio sont nombreuses. Il s'agit même d'un des très rare ayant bénéficié d'une sortie officielle, rééditée régulièrement, une version filmée des shows SOTT dont certaines parties ont été entièrement tournées à Paisley Park, l'antre de l'ogre.
Pour avoir un aperçu global de la puissance de la démonstration il faut encore une fois se diriger vers nos amis les flibustiers. L'un de bootlegs les plus fourni en la matière reste "Sign O' the times Live!", une production Sabotage (toujours eux) en trois CD, montrant en son soundboard trois moutures différentes de cette pièce maîtresse.
Ca commence avec le fameux concert "Warm up" de mars 87, au club "First Avenue" de Minneapolis. Autrement dit une présentation en avant-première de certains titres du futur album SOTT devant quelques centaines de chanceux spectateurs, une semaine avant la sortie de l'album aux USA. Prince annonce, tout guilleret, qu'il s'agit d'une simple répétition, tout en présentant son nouveau groupe. Sacré sacripant le Roger, puisque plutôt qu'une "simple" démo ce show est réglé à la baguette comme à son habitude.
On se délecte donc de friandises tout juste sorties du four, et déjà parfaitement maîtrisées : Housequake, Hot Thing, Forever in my life, autant de perles reproduites à l'identique des versions studio. Avec en prime un "Strange relationship", point d'orgue de la prestation, allongé sur 13 minutes Groovy-baby-Oh-behave !

Le second disque, plat de résistance de ce triple-CD, est le concert de folie asséné à Paris-Bercy en Juin 87. Un de mes regrets éternels est d'être passé à coté de cette prestation, que chacun(e) s'accorde à encenser. Dès les premières notes de guitare électrique s'élevant de l'intro du single "Sign O'", retentissant dans un Bercy qu'on imagine surchauffé, une ambiance particulière s'instaure et ne quitte plus le show. Le son est étincelant, l'ensemble est incroyablement précis, toutes les chansons sont exécutées avec un soin d'orfèvre. On ne peut distinguer un moment précis du show, tant le bonheur est constant du début au final. L'équilibre dans la durée des titres est aussi très bien vu, ni trop courts ni exagérément longs, l'enchaînement donne une grande fluidité.

Le troisième et dernier CD est une remasterisation de l'édition Laserdisc de la vidéo officielle sortie dans le commerce dans les années 90. Un mix des shows de Rotterdam et d'Anvers, avec des Live rejoués dans les studios de Paisley Park. Une curiosité un peu plus froide par rapport aux deux autres CD puisque tout est bidouillé pour faire disparaître les éventuelles imperfections du vrai direct. On connait l'obsession du contrôle de Prince. Des dialogues et effets sonores en intro de certains titres ont été refaits, des séquences intermédiaires ajoutées, des titres réarrangés, enlevant un peu de spontanéité. Mais, évidemment, c'est une sorte de show idéal, dans l'esprit de l'artiste, qui nous est présenté. Donc un document passionnant.

Voila un nouveau bootleg indispensable dans la collection d'un amateur. Tous les artistes traversent une période dorée, le temps d'un titre ou d'un album, dans le cas de Prince il s'agit carrément d'une période couvrant quasiment toutes les 80's. Sign O' the Times est son meilleur album dans cet âge d'or, et ce "SOTT Live!" en est la preuve.

infos :
Sign O' The Times Live! - Mars et Juin 1987 (Sabotage) (3 CD)

First Avenue, MPLS MN, 21 Mars 1987 :
> Disc 1 : 01.Intro 02.Housequake 03.Girls and Boys 04.Slow Love 05.Hot Thing 06.Now's The Time 07.Drum Solo by Sheila E 08.Strange relationship 09.Forever in my Life 10.Kiss 11.Its' gonna be a beautiful night // Bonus, MTV Awards September 11th 1987 : 12.Sign O' the Times 13.Play in the Sunshine

Palais Omnisport Bercy, Paris, France, 17 Juin 1987 :
> Disc 2 : 01.Sign O' the Times 02.Play in the Sunshine 03.Little Red Corvette 04.Housequake 05.Girls and Boys 06.Slow Love 07.I could never take the place of your man 08.Hot Thing 09.Now's the Time 10.Let's go crazy 11.When Doves Cry 12.Purple Rain 13.1999 14.The Cross // Bonus : 15.It's gonna be a beautiful night (medley, at Utrecht)

Ahoy, Rotterdam NL, 27 & 28 Juin 1987 + Antwerp & Paisley Park (Laserdisc) :
> Disc 3 : 01.Intro 02.Sign O' the Times 03.Play in the Sunshine 04.Little red Corvette 05.Housequake 06.Slow Love 07.I could never take the place of your man 08.Hot Thing 09.Now's the Time 10.If I was your Girlfriend 11.Forever in my Life 12.Crystal Ball Segue 13.It's gonna be a beautiful Night 14.The Cross



EMail: nelsonox (yahoo.fr)


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